𝐶𝑒 𝑣𝑒𝑛𝑑𝑟𝑒𝑑𝑖 29 𝑚𝑎𝑖, 𝑙𝑒𝑠 𝑐𝑜𝑢𝑙𝑜𝑖𝑟𝑠 𝑑𝑒 𝑙’ℎ𝑜̂𝑝𝑖𝑡𝑎𝑙 𝑑𝑒 𝑑𝑖𝑠𝑡𝑟𝑖𝑐𝑡 𝑑𝑒 𝑁𝑘𝑜𝑚𝑜 𝑟𝑒𝑠𝑝𝑖𝑟𝑎𝑖𝑒𝑛𝑡 𝑢𝑛𝑒 𝑎𝑡𝑚𝑜𝑠𝑝ℎ𝑒̀𝑟𝑒 𝑝𝑎𝑟𝑡𝑖𝑐𝑢𝑙𝑖𝑒̀𝑟𝑒. 𝑃𝑎𝑠 𝑐𝑒𝑙𝑙𝑒, ℎ𝑎𝑏𝑖𝑡𝑢𝑒𝑙𝑙𝑒, 𝑑𝑒 𝑙’𝑎𝑡𝑡𝑒𝑛𝑡𝑒 𝑠𝑖𝑙𝑒𝑛𝑐𝑖𝑒𝑢𝑠𝑒 𝑒𝑡 𝑎𝑛𝑥𝑖𝑒𝑢𝑠𝑒 𝑞𝑢𝑖 𝑐𝑜𝑙𝑙𝑒 𝑎𝑢𝑥 𝑚𝑢𝑟𝑠 𝑑𝑒𝑠 𝑒́𝑡𝑎𝑏𝑙𝑖𝑠𝑠𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡𝑠 𝑑𝑒 𝑠𝑎𝑛𝑡𝑒́. 𝑃𝑙𝑢𝑡𝑜̂𝑡 𝑐𝑒𝑙𝑙𝑒 𝑑’𝑢𝑛𝑒 𝑐𝑜𝑛𝑣𝑒𝑟𝑠𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑓𝑟𝑎𝑛𝑐ℎ𝑒, ℎ𝑢𝑚𝑎𝑖𝑛𝑒, 𝑙𝑖𝑏𝑒́𝑟𝑎𝑡𝑟𝑖𝑐𝑒. 𝐶𝑒𝑙𝑙𝑒 𝑑𝑒 𝑔𝑒𝑛𝑠 𝑞𝑢𝑖 𝑠𝑒 𝑝𝑎𝑟𝑙𝑒𝑛𝑡 𝑣𝑟𝑎𝑖𝑚𝑒𝑛𝑡.
Assis en cercle dans la cour de l’hôpital, ils étaient là : des patients actuellement sous traitement anti tuberculose, inscrits à l’hôpital de district d’Odza, et face à eux, des TB Champions, ces hommes et ces femmes qui ont traversé la maladie, l’ont vaincue, et ont choisi de revenir pour en parler. Anciens patients, agents de santé communautaire, pairs éducateurs… Leurs cicatrices ne se voient pas, mais leurs mots portent une autorité que nul manuel médical ne peut égaler.
Cette causerie éducative, organisée dans le cadre de la lutte contre la tuberculose, avait un objectif aussi simple qu’ambitieux : briser l’isolement des malades, dissiper les peurs, et transmettre l’espoir par le témoignage.
« 𝐌𝐨𝐢 𝐚𝐮𝐬𝐬𝐢, 𝐣’𝐚𝐢 𝐞́𝐭𝐞́ 𝐚̀ 𝐭𝐚 𝐩𝐥𝐚𝐜𝐞 »
Ces cinq mots « moi aussi, j’ai été à ta place » résument l’essence de la rencontre. Car la tuberculose, au-delà de ses ravages physiques, inflige une blessure invisible : la honte, le repli sur soi, la peur du regard des autres. Des patients arrêtent leur traitement parce qu’ils ne croient plus à la guérison. D’autres le cachent à leur entourage, s’isolent, et disparaissent des radars du système de santé.
La causerie ne s’est pas limitée aux témoignages. Elle a également été l’occasion d’un partage d’informations pratiques : comment bien observer son traitement, reconnaître les effets indésirables, alerter le personnel soignant, protéger son entourage sans le stigmatiser.
Les agents de santé communautaire présents ont rappelé que la tuberculose se guérit à condition que le traitement soit suivi de façon rigoureuse et complète. Un message martelé avec pédagogie, dans une langue accessible, loin du jargon médical qui décourage parfois autant qu’il informe.
Ce type de causerie éducative entre pairs s’inscrit dans une approche de plus en plus reconnue en santé communautaire : celle du patient-expert, ou pair-éducateur. Portée notamment par des organisations comme TB PEOPLE Cameroun chapoté par L’ONG FIS CAMEROUN, cette démarche repose sur une conviction profonde: les personnes touchées par la maladie sont des ressources, pas seulement des bénéficiaires.
En donnant la parole à ceux qui ont vécu la tuberculose de l’intérieur, on touche là où les messages institutionnels peinent parfois à atteindre : la confiance, l’adhésion, la persévérance.
𝐎𝐍𝐄𝐈𝐌𝐏𝐀𝐂𝐓
Au-delà des échanges, cette journée avait un objectif concret et structurant : l’enregistrement des patients sur la plateforme ONE IMPACT, outil numérique au service du suivi communautaire et de la collecte de données centrées sur les personnes affectées par la TB-MR.
Accompagnés pas à pas par les TB Champions, les patients présents ont été guidés dans le processus d’enrôlement. Pour beaucoup, c’était une première : entrer dans un système qui les reconnaît, les compte, et leur donne une voix dans le suivi de leur propre parcours de soins.
CELCOM
